La rage

La rage


La rage

La maladie

La rage est une maladie virale toujours mortelle. Commune à l’homme et à de nombreuses espèces animales (c’est ce qu’on appelle une zoonose): tous les mammifères y sont sensibles. Elle est due à un virus peu résistant (facilement détruit par le savon), qui ne survit pas longtemps dans le milieu extérieur.

La répartition géographique

La rage est une maladie présente partout dans le monde (sauf sur le continent océanique).
Au Canada, elle reste rare mais le risque existe toujours.

Le mode de transmission

Le virus est fortement concentré dans la salive des animaux porteurs. La transmission de la maladie se fait principalement par morsure d’un animal porteur du virus, et cela, même avant qu’il n’ait des symptômes de la maladie. C’est la raison pour laquelle toute morsure doit être prise au sérieux, même si l’animal est apparemment sain (voir le paragraphe sur « Les animaux mordeurs »).

Les symptômes

Après la morsure, le virus migre dans le cerveau avant de rejoindre les glandes salivaires.
Cette migration, appelée incubation, est de durée très variable, selon l’espèce, le lieu de morsure, la souche de virus… et parfois très longue (de un mois à plusieurs années). Chez le chien, elle est en moyenne assez courte, de 15 à 60 jours, mais il y a toujours des exceptions. C’est dans le cerveau que le virus se reproduit et fait des dégâts. Les symptômes de la rage sont donc principalement nerveux: changements de comportement (agressivité, peur…), problèmes de déglutition, voix modifiée, salivation, paralysies, démangeaisons…
Mais de nombreux symptômes très variés sont possibles. Il n’y a pas de traitement efficace: la mort est irrémédiable et survient en 4 à 5 jours après les premiers symptômes chez le chien.

Le diagnostic

Il repose sur l’évolution des symptômes nerveux. C’est pourquoi il est interdit d’euthanasier un chien (ou un chat) qui a mordu un être humain avant un délai de quinze jours. Le garder en observation est le seul moyen de savoir s’il était vraiment malade ou s’il a pu transmettre la maladie.
Le diagnostic définitif devra être toutefois confirmé dans tous les cas par examen microscopique de coupes du cerveau et par inoculation à des cellules en culture dans des laboratoires habilités.

Que faire si vous êtes en contact avec des animaux sauvages ?

Évitez le contact avec tout animal inconnu, en particulier dans les pays et départements à risque.
Après une morsure par un animal (sauvage ou domestique), lavez la plaie longuement (au moins 5 minutes) avec de l’eau savonneuse.
Un médecin d’un institut spécialisé pourra mettre en œuvre un sérum anti-rabique si nécessaire (voir plus loin).
Chez l’homme, la vaccination est fortement conseillée pour les populations à risques (vétérinaires, techniciens de laboratoires spécialisés, garde chasse…).

La prévention pour le chien

La vaccination reste le moyen le plus sûr de prévenir la maladie chez le chien et d’en limiter l’extension. On peut la pratiquer dès l’âge de trois mois, c’est à dire au moment des rappels des autres vaccins. Elle consiste en une seule injection avec un rappel annuel. Elle est obligatoire dans certaines conditions (voir le chapitre législation).
Il faut aussi savoir que des campagnes de vaccination orale des renards ont été effectuées en France (lâchers d’appâts par hélicoptère), ce qui a fortement contribué à faire régresser la rage dans ces populations.

La législation de la rage

La gravité de la maladie et sa transmission possible à l’homme ont conduit à des mesures strictes.
La vaccination et le tatouage sont obligatoires :

  • Pour se rendre dans certains pays étrangers (notamment pour le Royaume-Uni ou une sérologie est indispensable), voir notre fiche « Levée de la quarantaine Britannique depuis le 28 Janvier 2000 ».

  • Pour l’introduction ou la réintroduction au Canada d’animaux provenant d’un pays non indemne de rage depuis plus de trois ans.

  • Dans certaines autres cas: animaux soumis à la loi sur les chiens dangereux.

On ne peut légalement vacciner que les animaux de plus de trois mois.
A l’issue de la première vaccination, un délai pour la validité de cette vaccination est nécessaire, il est maintenant de 21 jours après l’injection.
Le rappel a lieu tous les ans. En cas d’oubli du rappel, le protocole devra être repris depuis le début (vaccination valable 21 jours après).

Sachez que les certificats (roses et bleus) sont remplacés par des étiquettes qui seront collées sur le passeport de l’animal. En effet, depuis le 01 janvier 2008, tous les animaux vaccinés contre la rage devront posséder un passeport, qu’ils voyagent ou non. Ce passeport sera à la fois le support de l identification de votre animal et de la vignette du vaccin rabique autrefois apposé sur le certificat rose ou bleu.

Lesanimaux mordeurs

Tout animal ayant mordu ou griffé une personne (ou un autre animal dans les départements déclarés infectés) doit être mis sous surveillance « chien mordeur ». Cette surveillance a pour but d’éviter le développement de la maladie chez la personne mordue en s’assurant que l’animal ne présente pas de symptômes de rage dans les quinze jours suivant la morsure. Elle s’effectue chez un vétérinaire, à la diligence et aux frais du propriétaire du chien ou de son détenteur. Si l’animal ne possède pas de propriétaire, c’est la mairie qui le prend en charge par l’intermédiaire d’une fourrière. Elle consiste en trois visites chez le vétérinaire: la première au plus tôt après la morsure (moins de 24 heures), la seconde et la troisième respectivement 7 jours et 15 jours après.

La présentation chez un vétérinaire d’un chien mordeur est une obligation légale qui met en jeu la responsabilité pénale du propriétaire (amendes et peines de prison). Le propriétaire est tenu de présenter son animal aux rendez-vous fixés et de déclarer au plus vite la disparition des signes de maladie (ou la mort de l’animal le cas échéant), au vétérinaire et aux autorités publiques (services de police, mairie). Il ne peut se séparer de son animal sans l’autorisation du directeur départemental des services vétérinaires.
A la suite de chaque visite, le vétérinaire remet au propriétaire un certificat en trois exemplaires, attestant qu’il ne constate pas de symptômes de rage :

  • Un certificat pour la personne mordue ou propriétaire de l’animal mordu,

  • Un pour lui-même,

  • Un pour les services de police.

A l’issue des visites :

  • Si l’animal est en vie et ne présente pas de symptômes, il y a impossibilité qu’il ait transmis la maladie suite à la morsure. La procédure est alors terminée (…et la personne mordue peut être rassurée!).

  • Si l’animal meurt ou présente des symptômes compatibles avec la rage durant les deux semaines, le médecin du centre anti-rabique pourra prendre la décision de faire un sérum anti-rabique au patient mordu.

  • Si l’animal meurt effectivement, il sera autopsié et des prélèvements seront envoyés au laboratoire afin d’avoir un diagnostic de certitude.

Conclusion

La rage est une maladie ancienne très connue, car elle peut toucher l’homme, et il n’existe aucun traitement. Elle a sévi pendant des siècles en Europe et est toujours présente de nos jours dans certains pays (notamment en Afrique et en Asie), où des centaines de personnes meurent de la rage chaque année. Depuis la découverte de la vaccination, et suite aux campagnes de vaccination des animaux de compagnie et des renards, la rage a disparu du territoire français. Elle reste cependant encore une menace avec l’augmentation du nombre d’animaux qui voyagent en pays à risque. C’est pourquoi nous vous conseillons vivement de vacciner votre chien contre la rage même si vous ne voyagez pas avec votre animal.



Passionné dès le plus jeune âge par l’univers des chiens, Yves Duchêne a voyagé au cours des trois dernières décennies afin de trouver des réponses à ses questions en ce qui concerne le monde canin. Au cours des 15 années où il a vécu en Europe, il a développé et expérimenté la méthode qu’il nous propose. Il a d’ailleurs constaté que, bien souvent, le maître est celui qui a le plus besoin de soutien et d’encadrement.



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